Tadashi Kawamata, une œuvre à expérimenter

Les professeurs d’arts plastiques de l’académie de Lyon vont faire des émules ! En visite de travail sur Lyon, l’artiste japonais Tadashi Kawamata leur a accordé un entretien privilégié au pavillon Rives de Saône. L’objectif ? Initier une médiation culturelle autour de l’artiste et de son œuvre, par ailleurs programmé au baccalauréat 2013.

Artiste majeur du projet d’aménagement des rives de Saône, Tadashi Kawamata est le père de ces constructions de bois brut, envisagées comme autant d’interventions sur le domaine public. Cabanes, passerelles, balcons ou belvédères, l’artiste japonais signe une série d’œuvres à expérimenter au fil de l’eau.

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Une médiation culturelle sur-mesure

Clairvoyance programmatique ou circonstances hasardeuses ? Tadashi Kawamata fait dans le même temps son entrée au programme du bac, spécialité Arts plastiques ! Une opportunité saisie par l’inspectrice d’académie Sandra Goldstein, à l’origine de la rencontre entre l’ensemble des professeurs d’art plastique des lycées de l’Académie et l’artiste de renommée internationale.
« C’est une occasion inédite pour définir les ateliers pédagogiques à mettre en place avec les élèves autour de l’œuvre de Tadashi Kawamata » confie t-elle. Cette rencontre est aussi l’occasion de s’affranchir d’une vision unilatérale pour construire le programme de médiation artistique avec ceux qui l’enseignent.

Tadashi Kawamata fait son entrée. Calme et attentif, il émane de lui une saine quiétude qui bientôt gagne l’assistance. Le corps professoral assemblé interroge sans ambages. L’artiste se prête au jeu et répond de la même manière. Sans fioritures.
« Mes projets artistiques intègrent la nature en bord de Saône et offrent aux riverains autant de rendez-vous ponctuels, pour une promenade des 5 sens, explique Kawamata. Au delà de la contemplation, il s’agit d’expérimenter la structure : monter, toucher l’eau, sentir le bois… » Justement, « pourquoi le bois ? » questionne l’auditoire studieux. Matériau de prédilection de l’artiste, le bois est cette matière vivante et changeante en fonction des heures, des saisons, des couleurs, des textures… «Témoin du temps qui passe, le bois va vieillir, résister aux assauts de la Saône… A l’image de l’Homme» atteste l’artiste.

Une démarche participative

« C’est un artiste hyper généreux dans l’échange. Loin du narcissisme, son œuvre est simple comme lui. Chacun peut l’interpréter mais l’ambition portée reste toujours intelligible. Kawamata  nous donne les clés pour comprendre les articulations entre son œuvre ambitieuse et le projet d’aménagement des rives de Saône » indique Alain P., enseignant au lycée Blaise Pascale de Charbonnière.
Et l’artiste de reprendre en écho « la meilleure façon de l’enseigner est de participer ! » Fervent défenseur de la démarche participative – « une expérience sensible indispensable à la compréhension collective de l’œuvre » – l’artiste a pris l’habitude de travailler en workshop pour finaliser ses œuvres. On pense notamment au Belvédère de la plaine des Linandes, coproduit par une dizaine de jeunes de Cergy-Pontoise initiés au travail du bois.
Au Pavillon Rives de Saône, il a convié les professeurs et leurs élèves à venir observer in situ la construction de ses œuvres. « Les jeunes deviennent à leur tour médiateurs, en capacité d’expliquer le sens du projet » conclut l’artiste.

Le rendez-vous est lancé !