Souvenirs de rives, entre nostalgie et promesse

Initiatives croisées de Rochetaillée et Fontaines-sur-Saône, la guinguette Chez la Rose a été le théâtre d’une rencontre intergénérationnelle entre les enfants des Marronniers et les anciens des deux communes.

Rencontre intergénérationnelle sur les rives de Saône © J.LéoneCe mercredi d’octobre, la semaine bleue est l’occasion de réunir Chez la Rose les 6-12 ans des centres de loisirs des Marronniers et de l‘Espace Jeunesse Famille de Fontaines et près d’une centaine de retraités. Dans un lieu emblématique chargé d’histoire(s) – alors que certains bambins découvrent pour la première fois les berges et les guinguettes têtes blondes et cheveux blancs envisagent la métamorphose des abords de la rivière, induite par le projet urbain Rives de Saône.

Atelier Souvenirs. Du sépia plein les doigts, les enfants déambulent de table en table, glanant les souvenirs de nos anciens qu’ils couchent sur le papier, comme autant de secrets précieux.

« Les habitants de Collonges qui travaillaient sur Fontaines prenaient tous le train bleu. Il rasait les maisons tant et si bien qu’on l’avait surnommé la guillotine ! » se souvient Élise, la mise en plis impeccable.

Les discussions animées prennent la forme d’anecdotes amusantes, le doux parfum d’antan embaume bientôt la guinguette au charme désuet. « Je venais en colonie à Fontaines. La plage, la baignade… Une fois dans l’eau, la culotte de lainage tricotée par nos grands-mères nous arrivait aux pieds ! Ah ça, on avait belle allure !» s’esclaffe un voisin de tablée.

« Et moi, j’ai appris à nager dans la Saône, rétorque une coquette intrépide, mon père m’a dit : je traverse tu me suis ! » « Et les poissons frits ! Vous vous souvenez des poissons frits ? Aussitôt pêchés, aussitôt grillés sur la plage ! » sourit Toinou au souvenir des après-midi d’été, quelque part entre 1940 et 1948. « Puis l’hiver on patinait sur la rivière gelée ! » surenchérit Paul. Hochement de tête approbateur à la ronde.

Un peu plus loin, c’est Marguerite qui raconte les inondations de 1982. « Les gens passaient en barque dans les rues et madame Flèche rentrait chez elle au moyen d’une échelle.» Les petits n’en reviennent pas : « il paraît qu’autrefois, les inondations pouvaient monter jusqu’à la place de l’église ! » confie un minot, les yeux arrondis de surprise. « Pour sûr ! Les commerçants avaient même installé des pompes qui aspiraient l’eau plus vite que le débit dela Saône, » atteste André. « Heu, comment t’écris débit ? » l’interroge Mathieu, 8 ans.

Fautes d’orthographe attendrissantes et crayonnés naïfs s’étalent sur les feuilles de papier aux couleurs vives et composent bientôt la grande fresque ludique des souvenirs du bord de Saône.

A quelques pas de là, les doyens du Chemin de la plage suivent attentivement l’exposé des futurs aménagements. « Ça va être super, on va devenir célèbre avec un quartier comme ça. Surtout qu’ils se dépêchent de terminer les travaux tant que les jambes suivent encore ! » L’appel est lancé Huguette.

L’ensemble des participants ont visité le Pavillon des Rives de Saône le vendredi suivant.