Un jardin aquatique modelé sur le lit de la Saône

A mi-parcours entre le centre ville et le grand paysage végétal du Val de Saône, l’aménagement du bas-port Gillet a été confié à l’agence Ilex, spécialisée dans le concept de Nature Urbaine. L’originalité de cette séquence prend corps avec le jardin aquatique installé sur les hauts-fonds de la rivière, à proximité de la passerelle Masaryk.

Du débouché de la rue d’Ypres au quai Saint-Vincent, le bas-port du quai Gillet se compose de cinq séquences maillées, qui proposent chacune des ambiances variées, adaptées aux caractéristiques existantes du site, du paysage de la Saône et des coteaux multipliant par là même les usages potentiels des rives.

Dans la  philosophie du projet Rives de Saône, qui entend ramener la nature en ville, le jardin aquatique, composante végétale du projet d’aménagement du bas port Gillet, prend racine sur les hauts-fonds de la rivière, où les limons se sont déposés avec le temps, pour constituer une emprise fertile, à fleur d’eau.

Jardin aquatique Bas Port Gillet © J. Leone

Une intervention mesurée de l’homme

«Concernant le jardin aquatique, il s’agit de composer avec le déjà-là, sans exclure toutefois la plantation d’espèces aquatiques nouvelles mais indigènes» indique Noémie Chevereau, chargée de projet chez Ilex agence d’urbanisme spécialisée dans le concept de Nature Urbaine, à laquelle on doit notamment les aménagements du parc de la Feyssine, à Villeurbanne.

Des nénuphars poussent naturellement à proximité de la passerelle Masaryk ; Ilex a donc proposé de renforcer cette nature existante avec l’installation de végétaux communément trouvés sur des rives plus sauvages.

Et pour ne pas contraindre Dame Nature, le jardin aquatique vient logiquement s’installer sur les hauts-fonds existants de la rivière. «Nous avons simplement consolidé ces accroches terreuses de manière à ce que la flore aquatique s’y épanouisse sans craindre les assauts de la Saône» explique Noémie Chevereau. De fait, on imagine mal le jardin se décrocher et déserter le haut fond à la première crue venue ! Alors justement, pour assurer l’ancrage du jardin et de ses hôtes au niveau des rives, les techniques de génie végétal ont été méticuleusement suivies pour accentuer les reliefs naturels du lit de la Saône, sans toutefois contrarier le milieu existant.

Un atoll propice à la biodiversité  

Tantôt émergé, tantôt immergé, le jardin aquatique modelé par les eaux courantes et les saisons abrite un morceau de Nature, à contre-pied du mutisme des bas ports maçonnés, inébranlables.

Comme autant d’îlots de nature préservée en amont du bas port Gillet, le jardin aquatique fait jaillir les fonds de la rivière à la surface : un lieu propice à la biodiversité. «De nombreux canards y ont déjà élu domicile !» s’enthousiasme la conceptrice.

Écho en quai haut, l’alignement de platanes existants coiffe l’ensemble à la verticale et renforce l’épaisseur verdoyante tout en soulignant l’architecture emblématique des murs de quai.

Sous les ondes en cette fin d’automne, le jardin aquatique est presque terminé. Les plantations se poursuivront en avril alors que certaines espèces donneront déjà leurs éclosions printanières.