L’inule britannique, la belle jaune protégée des bords de Saône

Inule Britannique - © G. Aubin - Naturalia EnvironnementLe projet d’aménagement Rives de Saône entend bien mettre en valeur et sauvegarder le patrimoine végétal remarquable des bords de la rivière, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’espèces protégées ! Parmi les nombreuses espèces floristiques et faunistiques protégées des Rives de Saône, l’inule britannique, cette petite plante à fleurs jaunes – également appelée inule d’Angleterre ou inule des fleuves – élit domicile dans les terres humides et inondables, comme les bords de Saône.

 

Une espèce menacée sous haute protection

Aussi étrange que cela puisse paraître, l’inule d’Angleterre est absente des îles britanniques !

En France, l’espèce est inégalement dispersée sur l’ensemble du territoire et affiche aujourd’hui une nette régression, notamment dans le sud et le nord-ouest du pays où ses populations sont naturellement marginales.
Menacée par l’artificialisation des rivières et la disparition générale des zones humides, l’inule britannique a même disparu de plusieurs départements français au cours des dernières décennies, ce qui lui vaut d’être protégée dans plusieurs régions, dont Rhône-Alpes.

Aux altitudes vertigineuses des massifs montagneux qui rendent sa pousse impossible, l’inule britannique préfère les prairies détrempées, les bords des fossés humides et les berges embrumées des cours d’eau. Voilà pourquoi l’effet lisière et le maintien de l’humidité permanente provoquée par la Saône semblent lui être particulièrement favorables !

 

Les abords de la Saône pour terreau

De fait, cette espèce présente de belles populations dans le Val-de-Saône – un des principaux bastions de notre conquérante floristique ! –  et la vallée du Rhône. Une analyse bibliographique de 2008 met ainsi en évidence la présence de l’inule britannique dans plusieurs communes de l’agglomération lyonnaise, plus précisément localisées sur les bordures de la Saône.
Plus récemment, les prospections de 2011 – commanditées dans le cadre d’une étude liée au projet Rives de Saône – viennent conforter ces observations, notamment au nord du site où l’espèce très abondante ponctue bientôt les berges de tâches de soleil.

C’est du côté de Lyon 4ème, Fontaines-sur-Saône ou encore de Rochetaillée-sur-Saône que la conquérante mordorée fait le plus d’émules ! Vous la reconnaitrez facilement, au hasard d’une promenade estivale, à sa collerette de pétales soyeuses d’un jaune insistant et à sa tige velue qui peut mesurer jusqu’à 75 cm de hauteur !

Patience cela dit, il faudra attendre les douceurs charriées par le mois de mai pour voir éclore la belle jaune aux abords de la Saône. Ses pétales ourlés de soleil accompagneront les flâneries des promeneurs jusqu’à la mi septembre.
Naturellement, l’inule britannique ne doit pas être dérangée. Contemplée certainement, cueillie jamais. Même si la perspective d’un bouquet sauvage est tentante, retenez votre geste : ici, on touche avec les yeux…

 

En savoir plus
Dans le cadre du projet Rives de Saône différentes mesures ont été prises pour préserver, sauvegarder et favoriser le développement de différentes espèces faunistiques et floristiques. On notera par exemple les espèces emblématiques suivantes : le castor d’Europe, le Gomphe à pattes jaunes, le lézard des murailles… ou encore le Séneçon des Marais, le Rubanier émergé, la Grand Naïade, la Renoncule Scélérate…. Outre les différentes mesures provisoires et permanentes mises en place par le projet, ce dernier a nécessité l’instruction de deux dossiers de dérogation à l’interdiction de destruction d’espèces floristiques et faunistiques protégées. Un large plan de sauvegarde sera mis en place afin de préserver les principales espèces floristiques protégées emblématiques des Rives de la Saône.

 

L’environnement dans le projet Rives de Saône