Le Séneçon des marais affectionne aussi les rivières

Séneçon des marais - © G. Aubin - Naturalia EnvironnementAbsent – ou disparu – d’une grande partie du territoire hexagonal, le Séneçon des marais figure au tableau des espèces floristiques rares et protégées au niveau régional et est présente sur les Rives de Saône. Haut sur pied, collerette jaune sur port altier, le Séneçon des marais s’épanouit en bordure herbacée de la rivière lyonnaise.

Un air de famille
Cousin de l’inule britannique – qui a d’ailleurs fait l’objet d’une actualité antérieure sur notre blog – le Séneçon des marais domine les roselières du bord de Saône du haut de son 1.80 m. Le long de sa tige striée, la plante vivace arbore de petites feuilles vertes luisantes, finement dentelées. Au mois de juin, la tige dressée se pare en son sommet de fleurs aux pétales étroites, d’un jaune soufre.

Diagonale végétale
Si l’espèce occupe la partie Est de la diagonale Le Havre-Marseille, le Séneçon des Marais est pratiquement absent dans l’Ouest, sur le plateau Central et dans la région méditerranéenne.
En territoire conquis, le promeneur avisé pourra le rencontrer jusqu’à 1000 m d’altitude, dans les marais et aux bords des eaux qui constituent des terreaux propices à son éclosion.
Autrefois largement représenté en Rhône-Alpes, le Séneçon des marais se raréfie du fait de la disparition de son biotope*. Les interventions de l’homme – endiguements et aménagements hydroélectriques notamment – ont largement contribué à la destruction des terres (humides) d’accueil du végétal.
Dans le Rhône toutefois, le Séneçon des marais colonise – tête haute ! – les milieux humides des larges vallées fluviales de la Saône, prairies marécageuses, bords des étangs et des lacs.

Les pieds dans la Saône
Le Séneçon des marais a colonisé les basses rives de la rivière lyonnaise. Au fil de la Saône, on le retrouve essentiellement sur les bordures herbacées riveraines de même s’il n’est pas rare de le débusquer dans les anfractuosités terreuses des enrochements et autres endiguements.
Les inventaires de 2011, initiés dans le cadre du Projet des Rives de Saône, ont ainsi confirmé sa présence sur l’ensemble des sites, avec des familles (très) nombreuses sur la séquence du Chemin Nature de l’ancienne écluse de Caluire-et-Cuire. En amont, du côté de la promenade de Fontaine-sur-Saône et des guinguettes de Rochetaillée, les populations demeurent plus dispersées.
A l’approche de l’été, le Séneçon des marais domine les prairies herbeuses des abords de la Saône, qu’il ponctue d’inflorescences éclatantes. Bien entendu, le Séneçon des marais ne doit pas être cueilli. Exit la composition florale ! Vous ne souhaiteriez pas participez au déclin d’une espèce protégée n’est-ce pas ?

  • Une roselière est une zone en bordure de lacs, d’étangs, de marais ou de bras morts de rivière où poussent principalement des roseaux.
  • Le biotope est un milieu biologique présentant des facteurs écologiques nécessaires à l’existence d’une communauté animale et végétale.

 

En savoir plus

Dans le cadre du projet Rives de Saône différentes mesures ont été prises pour préserver, sauvegarder et favoriser le développement de différentes espèces faunistiques et floristiques. On notera par exemple les espèces emblématiques suivantes : le castor d’Europe, le Gomphe à pattes jaunes, le lézard des murailles ou encore l’Inule britannique, le Rubanier émergé, la Grand Naïade, la Renoncule Scélérate…. Outre les différentes mesures provisoires et permanentes mises en place par le projet, ce dernier a nécessité l’instruction de deux dossiers de dérogation à l’interdiction de destruction d’espèces floristiques et faunistiques protégées. Un large plan de sauvegarde sera mis en place afin de préserver les principales espèces floristiques protégées emblématiques des Rives de la Saône.

L’environnement dans le projet Rives de Saône
Notre galerie photo sur la faune et la flore des Rives de Saône