Les volutes d’acier de Pablo Reinoso

Quand il a découvert le bas-port Quai Gillet, ça a été comme une évidence pour Pablo Reinoso. Le sculpteur franco-argentin a tout de suite imaginé l’immense sculpture en acier qu’il allait dessiner : « l’image s’est vraiment imposé à moi ». Plusieurs assises et des poutrelles métalliques qui se courbent et s’entremêlent. Ses « évocations végétales« , comme il les appelle. « À l’image d’une plante tentaculaire qui se déploie le long des murs« .
Comme douze autres artistes, il a été associé à une séquence du projet Rives de Saône. Les travaux ont commencé l’an dernier et dès cet été, les Grands Lyonnais pourront découvrir les premiers kilomètres aménagés le long de la rivière.
Avec sa largeur, le bas-port Quai Gillet était bien adapté à l’imagination de Pablo Reinoso : il lui fallait de l’espace pour faire courir ses 120 mètres de courbes et de bancs. « Quand je travaille sur un lieu public, j’imagine toujours comment les gens vont s’approprier mon oeuvre. Quelle sera sa fonction. » Des courbes dans lesquelles les enfants joueront peut-être, des bancs où les promeneurs viendront s’asseoir pour profiter de la vue.

L’œuvre sera installée en juin prochain, mais pour l’instant, le sculpteur la peaufine dans un immense hangar de la fondation Coubertin près de Paris.
Pour travailler en conditions, Pablo a fait reconstituer la façade des quais en contreplaqué et il a positionné son œuvre comme elle le sera sur les rives de Saône. « Cela me permet de m’adapter aux contraintes du lieu et même de modifier mes plans initiaux », explique t-il. Dans une niche du mur, il avait prévu une assise : « mais ça ne collait pas : les bandes de ferrailles rentraient de manière trop forcée. Je l’ai imaginé différemment, comme l’endroit d’une grosse explosion ».

Pablo Reinoso dessine, imagine, corrige en connivence avec la Fonderie de Coubertin. Et toutes les semaines, il vient scruter l’évolution du travail, corriger une courbe, une intention. Plus de 500 heures ont déjà été passées sur cette plante tentaculaire en acier baptisée « Nouages » en écho au végétal, aux cordages des bateaux qui s’amarrent le long de la Saône et aux noeuds des canuts lyonnais. « C’est cette histoire qui m’a donné envie d’étendre mes œuvres le long du mur avec une telle ampleur ».

 

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