Les « hommes en vert » des Rives de Saône

Le Chemin nature © J. Leone

Depuis un an, grues, pelleteuses et marteaux-piqueurs font partie du paysage des rives de Saône. Un an pour transformer 15 kilomètres en une promenade au plus près de l’eau entre Rochetaillée et Lyon. Les crues ont ralenti les travaux et obligé les équipes à s’adapter sans cesse. Mais bravant les intempéries, le projet des Rives de Saône émerge : rencontre sur le terrain avec les hommes et les femmes qui changent le visage de la rivière.

Sur le chantier du Chemin nature, on les appelle « les hommes en vert » ou « grenouilles du chantier ». En langage plus technique, ce sont les experts du génie végétal. Souvent les pieds dans l’eau, ils ont pour mission de protéger les sols contre l’érosion, de stabiliser les rives et les talus puis de les revégétaliser. Une véritable galerie végétale sort de terre et efface peu à peu le caractère oppressant des murs des quais, devenus pour certains supports de jardins miniatures.

« Nous avons par exemple couvert certains chemins de géotextile biodégradable en fibres de coco. Il permet de stabiliser le sol pendant que les plantes s’enracinent. En haut des rives, ce sont aussi 4 000 frênes, aulnes, sureaux et arbustes qui ont pris place…« , explique Laurent Rey, conducteur de travaux pour Géco Ingénierie, spécialisée en génie écologique.

Parfois, les hommes-grenouilles sont même obligés d’enfiler une combinaison : « Nous réutilisons certains arbres coupés sur le chantier en les immergeant, à l’envers, pour créer des habitats pour les poissons et les oiseaux. Pour cela, pas d’autres solutions que de se jeter à l’eau…« 

Dans cette Saône qui met tous les jours du piment dans le planning en raison de ses crues, les horaires s’adaptent à la réalité du terrain. « Un vendredi soir, la cote de la Saône était au plus bas, le lundi suivant, elle avait pris 1 mètre de hauteur ! On fait donc de très longues journées et on définit les priorités en fonction de la Saône et de l’endroit où l’on peut travailler« .