Au rythme naturel de la Saône…

Les Planches de T. Kawamata immergées dans la Saône © ItemCorporate

 

 

Comme chaque année, le printemps est l’occasion pour la Saône de s’étendre sur ses rives.

De mémoire de Lyonnais, la Saône a toujours connu des périodes de crues, parfois violentes et meurtrières. Celles de 1856 furent particulièrement agitées : elles submergèrent la Presqu’île, emportant plusieurs ponts, et causèrent de nombreux dégâts. Le cours de la rivière a longtemps été difficile à domestiquer, et ce fut un travail de longue haleine. Dans cette perspective, la construction des quais hauts a eu pour objectif de mettre à l’abri la Presqu’ile et le Vieux Lyon de ses débordements. Mais bien que protecteurs, ces aménagements ont mis à mal le lien naturel qui unissait les Lyonnais à leur rivière. Et le développement de la voiture en ville, avec l’installation des parkings le long de la Saône dans les années 1970, a accentué cette coupure.

Aujourd’hui, le projet Rives de Saône permet de recréer ce lien à la rivière, et de redécouvrir le rythme naturel de la Saône.

 

Prenant sa source dans les Vosges à 400 mètres d’altitude, la Saône se caractérise par un cours particulièrement lent (300 m³/s pour la Saône et 1710 m³/s pour le Rhône) et un dénivelé très plat, surtout entre Chalon et la confluence (10 m pour 240 km parcourus). Mais ce débit lent est trompeur. En période d’inondation, il peut être multiplié par 5 ou par 10 lors de crues centennales. La fonte des neiges ou les fortes précipitations sont à l’origine des crues, et elles peuvent ainsi intervenir à différents moments de l’année. Ce phénomène est accentué par le faible dénivelé de la Saône prolongeant ainsi la crue sur de longues périodes de quelques semaines ou quelques mois, comme entre les mois d’octobre 2013 et mai 2014.