Parvis du palais

Le nouveau parvis du Palais de Justice © Laurence Danière

La passerelle et le Palais de Justice © Cédric Wedmer & Régis Golay

Le site

Cette séquence est la seule de la rive droite réalisée dans la première tranche du projet Rives de Saône.
Elle s’étend du pont Bonaparte aux bretelles du pont Maréchal-Juin, où plusieurs édifices historiques se succèdent en front de quai : le chevet de la primatiale Saint-Jean, le Palais Saint-Jean et l’ancien Palais de justice, construit par Louis-Pierre Baltard entre 1835 et 1847.
La passerelle, construite en 1983 est suspendue par des haubans plantés dans un mât unique ancré sur la rive gauche de la Saône. Elle enjambe la rivière depuis le quai Saint-Antoine, sur la presqu’île, pour déboucher devant le Palais de Justice.

 

Lecture © henridrawsL’action

L’aménagement urbain et paysagé

Reliant les quartiers de Saint-Jean et de la Presqu’île, cette séquence franchit littéralement la Saône.
Le groupement Dumetier design, Alep architectes, ICC et LEA a eu pour tâche d’améliorer les liaisons piétonnes entre le quartier du Vieux Lyon et la presqu’île, auparavant entravées par la dense circulation du quai Romain Rolland. Le Palais de justice rénové a été  mis en valeur par la création d’un parvis, tandis qu’un belvédère s’élance pour donner à voir la Saône et la Presqu’île.
Deux larges bassins reflètent la silhouette du Palais et adoucissent la minéralité du site.
De chaque côté du belvédère, des alignements de buis rythment les pas du piéton. La mise en lumière joue un rôle singulier : l’éclairage est totalement intégré au traitement architectural  de manière à rendre l’ambiance nocturne plus agréable.

L’intervention artistique

« Bousculer l’ordre »
Austère et solennel, le Palais de Justice de Lyon traduit dans son architecture les valeurs d’ordre, de fermeté et d’équité dont il est le garant. Dans son axe, enjambant la Saône, la passerelle, soutenue par un pylône et des haubans métalliques, respecte la symétrie classique de l’ensemble. A sa droite, au bord de l’eau, une statue d’allure classique vient, tel un grain de sable dans les rouages, introduire une onde de trouble, de perplexité.

Les oeuvres

The Weight of Oneself, Michael Elmgreen & Ingar Dragset

Une expérience visuelle et philosophique, l’idée d’un ordre bousculé par un geste subtil, respectant la nature patrimoniale et urbaine du site Un homme debout en porte un autre, inanimé, dans ses bras. Vient-il de le tirer des flots le sauvant de la noyade ? Troublant détail, les visages des deux protagonistes s’avèrent identiques. L’homme porte son double, devenant ainsi son propre sauveur mais aussi son propre fardeau. Ces préoccupations philosophiques font écho aux questions de responsabilités civiques et individuelles débattues quotidiennement au Palais au Justice. Conçue par les artistes Elmgreen&Dragset, l’œuvre reprend la longue tradition de la sculpture : le nu héroïque et le marbre même si il s’agit ici d’une technique nouvelle (la poudre de marbre solidifiée). Une recherche formelle en clin d’œil à l’architecture des lieux. Par son échelle, supérieure à l’échelle humaine, cette sculpture de 2,7m de haut fait également fonction de repère dans le paysage. « L’œuvre sera très représentative de notre culture contemporaine. Elle ne célèbrera pas un héros, ni quelqu’un qui poursuivrait un but, tenterait d’accomplir quelque chose. Ce sera l’histoire de quelqu’un qui essaie de se sauver lui-même. »

 


Artistes

Michael Elmgreen & Ingar Dragset   En savoir plus

Concepteur / Maître d’oeuvre

Dumetier Design – Bruno Dumetier   En savoir plus
Alep Architectes – Charlotte Vergely
Équipe : LEA – Concepteur lumière
ICC – BET VRD