Didier Fiuza Faustino

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Biographie

Architecte de formation, Didier Fiuza Faustino développe un travail protéiforme mêlant architecture, installation, performance et vidéo. Exposé à plusieurs reprises à la biennale d’architecture de Venise, il explore les frontières entre espace public et privé, espace architectural et politique. Troublants, ses dispositifs interrogent le corps dans sa dimension perceptive, sociale et politique, le plongeant dans un état d’instabilité.
Didier Fiuza Faustino est né en 1968 à Chennevrières-sur-Marne (France).
http://didierfaustino.com
www.mesarchitecture.org

Les sites d’intervention

Promenade des guinguettes de Rochetaillée-sur-Saône     –     La maison du projet

Promenade des guinguettes de Rochetaillée-sur-Saône – Interview de Didier Fiuza Faustino

1. Comment définissez-vous votre pratique, entre art et architecture ?
C’est difficile de répondre comme ça… Je dirais : en avançant une fois sur un pied, et une fois sur l’autre. Se sentir basculer dans l’un des deux domaines, c’est ça le vrai « kiff » de ce que je fais. Il y a des moments où j’oublie l’endroit où je suis. Je n’aime pas les champs, les territoires trop définis, les choses trop dessinées. Je déteste les frontières. Je suis un architecte dans la pratique de l’art, l’un et l’autre se nourrissent, et donc sont dans le même champ. On parlait de la question des territoires, donc ça tombe bien parce que justement, le site de Rochetaillée est une espèce de territoire en devenir, et ce qui m’intéresse, ce sont beaucoup plus les questions de corporalité et de mouvement, de déplacement. Ici, cette linéarité dans une urbanité pas totalement définie, dans un territoire de l’entre-deux, cette espèce de « non zone » le long de la rivière, ça m’a vraiment donné envie de travailler dessus.
Le projet que j’ai proposé consiste justement à venir faire ce travail de « snapshot », à filtrer des corps alors que c’est un territoire du mouvement. J’adore me retrouver dans ce genre de situations, lorsqu’on peut altérer le mouvement, modifier les pratiques. Ce que j’ai ressenti en allant sur le site de Rochetaillée, c’était cette envie d’altérer les trajectoires des corps.
2. Qu’avez-vous éprouvé en visitant le site de Rochetaillée ?
On parlait de la question des territoires, donc ça tombe bien parce que justement, le site de Rochetaillée est une espèce de territoire en devenir, et ce qui m’intéresse, ce sont beaucoup plus les questions de corporalité et de mouvement, de déplacement. Ici, cette linéarité dans une urbanité pas totalement définie, dans un territoire de l’entre-deux, cette espèce de « non zone » le long de la rivière, ça m’a vraiment donné envie de travailler dessus.
Le projet que j’ai proposé consiste justement à venir faire ce travail de « snapshot », à filtrer des corps alors que c’est un territoire du mouvement. J’adore me retrouver dans ce genre de situations, lorsqu’on peut altérer le mouvement, modifier les pratiques. Ce que j’ai ressenti en allant sur le site de Rochetaillée, c’était cette envie d’altérer les trajectoires des corps.
3. Votre projet Trompe le monde serait donc une invitation faite aux promeneurs à s’inscrire seul en quelque sorte dans le paysage ? Êtes-vous d’accord avec cette vision des choses ?
Totalement. Tromper le monde, c’est à la fois tromper la société en disparaissant, en se rapprochant de ce qu’on est vraiment lorsqu’on est seul ; et, à un moment donné, fixer sa propre trajectoire pour intégrer et occuper le monde. Et puis, le titre constitue aussi un hommage à la chanson Trompe le monde des Pixies. C’est un superbe titre.

La maison du projet – Interview de Didier Fiuza Faustino

Comment avez-vous imaginé cette Maison du projet ? Quels éléments vous ont inspirés ?
La Maison du projet, installée en contrebas de la colline de Fourvière, est un pavillon d’exposition destiné à accueillir les projets de réaménagement urbain des rives de Saône dans le cadre du Grand Lyon. Il se compose de trois corps de bâtiments, extrusion de formes géométriques élémentaires et mariage insolite d’architectures d’époques et de styles différents.
Évocation de la confluence de la Saône et du Rhône, les volumes du pavillon se rejoignent pour former un delta distribuant voie d’accès, salle de conférence et espace d’exposition. Offrant une articulation souple, une membrane constitue la clé de voute de l’édifice et le point de rencontre des visiteurs. Tel un élément de connectique échoué sur le rivage, la construction tisse un lien entre le pont, la berge et le fleuve, pour devenir le lieu de convergence des Lyonnais et des projets présentés.
Non sans rappeler certaines études d’Alberti, la Maison du projet s’énonce comme une construction « post-paramétrique » qui admet une complexité dans l’emploi de formes simples et primitives. Elle se donne comme une synthèse où l’économie de moyens ouvre à une dimension symbolique, ici celle d’un jeu sémantique entre l’amont et l’aval, l’ancien et le contemporain, pont tendu entre l’architecture lyonnaise traditionnelle et son évolution en marche. Relevant d’un éclectisme revendiqué, dont l’expression la plus manifeste est le noeud gordien qui en constitue le point de jonction, l’assemblage d’éléments communs produit une forme inattendue qui introduit une nouvelle narration dans la ville et préfigure celle de l’aménagement de la berge.
Le néologisme résultant de cette « contraction de langages » apparaît également comme un ensemble-vide. Les formes s’annulent comme la structure s’inscrit de façon minimale dans le site, ou comme les matériaux utilisés – une charpente en bois recouverte d’une peau d’aluminium alvéolé – reflètent l’environnement pour mieux s’y fondre. S’effaçant alors devant les projets qu’il accueille, à l’instar d’un mobil-home ou d’un préfabriqué, le module rappelle qu’il est une coque à habiter. An architectural threesome, tel pourrait s’intituler en définitive cette collusion architecturale, construction entre retenue et démesure venant drainer des flux divers, objet combinatoire marqué d’ambigüité, ou outil d’une fertilisation du littoral lyonnais.

 

Les oeuvres

Le Pavillon, Didier Fiuza Faustino

La maison du projet, implantée sur le parking Saint-Antoine dans le 2ème arrondissement de Lyon, est conçue par « l’archi-artiste » Didier Fiuza Faustino et le Grand Lyon. Doté de portes d’accès monumentales, recouvert de plaques en aluminium perforé, le bâtiment unit les trois formes emblématiques de l’histoire de l’architecture : le toit à double pente, la voûte et le toit terrasse.L’entrée principale s’effectue par la voûte. Le cœur même de cette maison, à l’intersection de ces trois formes complexes, forme un espace d’accueil très lumineux. A l’intérieur, un environnement riche et travaillé privilégie le bois, dont sont constitués sols, murs, charpente et toiture. Depuis l’extérieur, les formes épurées de la  maison sont  un objet de curiosité pour le passant. Deux des « bras » viendront chercher le visiteur sur l’espace public (le pont Maréchal-Juin et l’esplanade Saint-Antoine).  « À chaque bras, un scénario propre, une expérience nouvelle de l’espace pour le spectateur : – Sous la voûte, le volume s’élargit jusqu’au cœur translucide et crée une perspective accentuée vers le centre du bâtiment. – Sous le toit terrasse, le sol se dénivelle en paliers et rend l’espace plus dynamique. Il peut se transformer en salle de projection accessible pour les personnes handicapées par le palier haut. – Sous le toit à double pente, le bras s’ouvre sur l’extérieur. Il s’amplifie et offre un grand espace propice à l’installation des expositions L’apparence pleine de l’édifice du premier niveau contraste avec la transparence du rez-de-chaussée. Depuis les alentours, ce volume semble être en suspension et attire le regard. Une membrane textile translucide prend place au point d’intersection des trois formes. »

 

Quelques oeuvres de l’artiste

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CONCEPTEURS

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