Le Gentil Garçon

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Biographie

Procédant du jeu de mot, de l’installation ou du détournement d’objet, les œuvres signées Le Gentil Garçon s’attachent à des figures telles que le Père Noël aussi bien qu’à la matérialisation d’un rayon de soleil. Les techniques utilisées touchent à l’artisanal et à la débrouille comme à la haute technicité. Ayant choisi un pseudonyme volontairement naïf, l’artiste développe, dans une approche ludique, un univers ingénieux et plein d’humour. Le Gentil Garçon est né le 1er novembre 1998 (par la volonté de Julien Amouroux). Julien Amouroux vit et travaille à Lyon.
www.legentilgarcon.com

 
 

Les sites d’intervention

Promenade de Fontaines-sur-Saône     –     Promenade des guinguettes de Rochetaillée-sur-Saône

Promenade de Fontaines-sur-Saône – Interview du Gentil Garçon

1. D’où vous vient ce désir d’inverser les choses ?
En réfléchissant sur le projet, j’ai opéré par dérive, par glissement de sens, en privilégiant l’imaginaire et l’onirisme pour atteindre le monde renversé du carnaval rabelaisien, le monde où les usages et les genres s’inversent comme derrière le miroir de Lewis Carroll. J’ai aussi pensé aux peintures de Jérôme Bosch, et notamment à sa façon d’inclure les symboles directement dans le paysage. J’avais aussi en tête le monde flottant de l’Ukiyo-e japonais pour les liens entre le fantastique et le spectacle de la nature (et plus généralement l’animisme shintoïste), et le film Big Fish de Tim Burton, où est développé un véritable onirisme de la rivière. Par exemple, l’idée de ces poissons dans l’arbre est venue en pensant comment la rivière en crue peut, après la débâcle, et au-delà de la catastrophe, poétiser le paysage et justement l’inverser : les voitures gisent sur leur toit, le mobilier de salon se retrouve dans les champs, et les poissons sont dans les arbres. Je me souviens qu’enfant, après la crue de l’Allier dans mon village de Haute-Loire, nous avions retrouvé des truites dans la cave et sur le sol de la cuisine… Une pêche providentielle.
2. Vous citez Tim Burton ; on songe à son Charlie et la chocolaterie devant le projet de vos cheminées d’usines. Le merveilleux est-il une constante de votre travail ?
Ce n’est pas le merveilleux qui m’intéresse en soi, mais la capacité à rester curieux et étonné face au monde. C’est là une capacité très forte chez les enfants, puisqu’ils apprennent le monde en même temps qu’ils le découvrent ; malheureusement, cette curiosité tend à s’émousser avec l’âge et ce qu’on appelle l’expérience. Mais quand on y regarde de plus près, on a de quoi être constamment étonné, voire troublé, ne serait-ce que par la perfection de la forme d’un flocon de neige ou la complexité de l’architecture du squelette humain. Le merveilleux est autour de nous, en nous. Les contingences de la vie se chargent tous les jours de nous le faire oublier.
3. Comment définiriez-vous votre collaboration avec la maîtrise d’œuvre de Tim Boursier-Mougenot ?
Nous sommes au début de cette collaboration, et pour l’instant, on s’est en tout cas bien entendus sur la nature protéiforme de mon intervention. La plupart de ces objets peuvent être considérés comme des « curiosités » qui transcendent les notions de nature et de culture. Ils soulignent aussi parfois le romantisme contenu du site. Ils constituent des collections de formes disséminées. L’idée est d’inciter l’usager à les rechercher, et donc à parcourir le site. Plus techniquement, notre collaboration consiste aussi à trouver les matériaux les plus adaptés, à la fois à l’esthétique des oeuvres et à leur relation avec le contexte naturel de leur implantation. Nous discutons aussi des meilleurs emplacements, à la fois par rapport aux contraintes techniques fortes et aux habitudes des usagés du site.

Promenade des guinguettes de Rochetaillée-sur-Saône – Interview du Gentil Garçon

1. À l’inverse des aires de jeu ordinaires, souvent « plaquées » dans l’espace public, votre météorite / aires de jeu se fondra davantage dans le paysage.
Le principe de mon projet vise à justifier symboliquement la présence d’un environnement aussi artificiel qu’une aire de jeu (couleurs exotiques, matériaux synthétiques…) dans un contexte plutôt naturel. Pour ce faire, j’ai imaginé de bouleverser poétiquement le site en mimant un phénomène naturel : une météorite a atterri dans la prairie, elle a formé un cratère dont le sol est étrangement mou… Le projet joue sur plusieurs registres. Il fait sens à l’échelle du site, qu’il reconfigure en prenant pour point de départ un événement se référant à un imaginaire collectif fort : la chute d’une météorite venue littéralement « tailler la roche ». Cette géologie bouleversée fait aussi écho aux falaises qui dévoilent leurs strates de l’autre côté de la rive. Cet événement imaginaire peut être l’objet d’une mythologie qu’il reste à inventer, d’histoires que les grands peuvent raconter aux petits.
2. À quelles expériences les enfants seront-ils invités ?
Le projet marie à la fois des expériences ludiques sur les parois du cratère, où le corps est engagé (escalade, glissade, cachette), mais aussi des expériences qui engagent les sens et l’esprit de découverte, la curiosité, avec le mini-musée des sciences que constitue l’intérieur de la météorite. Accessible par une large ouverture, il révèle un jeu de lumières produit par différentes inclusions dans la paroi : incrustations de géodes pleines translucides qui colorent la lumière, insertion de lentilles optiques déformantes, de prismes pour faire apparaître des projections d’arcs-en-ciel, constellations lumineuses créées par une myriade de trous dans la paroi. Il faut imaginer la météorite comme ces roches creuses d’aspect parfaitement banal à l’extérieur mais qui, une fois ouvertes, révèlent un jeu optique cristallin que l’on n’avait pas soupçonné.

 

Les oeuvres

La sucrerie, Le Gentil Garçon

Un appel à l’imaginaire individuel et collectif, une expérience ludique conçue pour rassembler tous les publics A Fontaines-sur-Saône, La Sucrerie, une curieuse forêt de roseaux perce  la surface de l’eau ; à y regarder de plus près, le promeneur s’aperçoit qu’il s’agit de cheminées d’usine miniatures. Près de l’eau, une série de cheminées d’usines miniatures se dresse comme une forêt de roseaux. Leurs panaches forment des fleurs ou des fruits colorés. En écho aux industries qui se sont développées sur l’autre rive, elles sont comme les vestiges d’une civilisation engloutie par une crue dévastatrice. L’artiste joue ici sur le changement d’échelle et glissement de sens en rapport avec le paysage industriel visible sur la rive opposée. « J’avais en tête […] le film Big Fish de Tim Burton, où est développé un véritable onirisme de la rivière. Ce qui m’intéresse c’est la capacité à rester curieux et étonné face au monde. C’est là une capacité très forte chez les enfants […] malheureusement cette curiosité tend à s’émousser avec l’âge. […] Mais quand on y regarde de plus près […] le merveilleux est autour de nous, en nous. »

En vidéo
Préparation des oeuvres du Gentil Garçon à l’atelier Art Project

Installation des oeuvres du Gentil Garçon

Retrouvez toutes nos vidéos sur le projet des Rives de Saône dans la vidéothèque.
 

Quelques oeuvres de l'artiste

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CONCEPTEURS

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