Meschac Gaba

[singlepic id=127 w=320 h=240 float=left]

Biographie

Interrogeant l’identité, la différence culturelle et les rapports postcoloniaux, le travail de Meschac Gaba se décline de la peinture à la sculpture, l’installation, l’objet recyclé ou la maquette de villes en cheveux synthétiques tressés. Conçu entre 1997 et 2002, son Musée d’art africain contemporain se présente comme une large installation de douze salles, exploration critique du modèle muséal occidental appelée à circuler à travers le monde (Allemagne, Belgique, France, Etats-Unis, etc.). Meschac Gaba est né en 1961 à Cotonou (Bénin). Il vit et travaille entre les Pays-Bas et le Bénin.

Interview de Meschac Gaba

1. Pourquoi avoir convoqué le jeu dans votre projet des Rives de Saône ?
Cette idée émane du directeur artistique. Développant un art conceptuel, je m’adapte toujours aux demandes des commissaires. Le jeu est un élément central de mon travail, c’est pour cela que Jérôme Sans, qui connaît bien mon œuvre, a fait appel à moi. L’art, tout comme le jeu, c’est la vie. Voilà pourquoi je travaille sur cette notion.
2. Quelles règles régissent ces marelles ? L’art du jeu, ou le jeu de l’art ?
Les règles de ces marelles sont les règles originelles : on jette une pierre, et on avance à cloche-pied là où se trouve la pierre. Les règles sont simples, universelles, connues de tous et accessibles à tous, même si le dessin de ces marelles peut paraître original (j’ai moi-même inventé une partie des marelles que je souhaite réaliser, comme la marelle de l’amour ou de la paix). Derrière ce jeu évident, je raconte cependant une histoire sur les pays et les frontières : chaque case est comme un pays, chaque trait qui compose les cases symbolise une frontière. Si on lance la pierre en dehors des cases, on a perdu. C’est cette métaphore du territoire, des territoires, que je souhaite mettre en évidence dans ce projet. « L’art du jeu, ou le jeu de l’art », je m’approprie pleinement cet adage et le développe en disant que le jeu de l’art, c’est aussi le jeu de la vie ; l’art est un jeu par rapport à toutes les stratégies qui se déploient autour de l’art.
3. Pourquoi faire intervenir des enfants lyonnais pour dessiner les motifs dans les cases des marelles ?
J’ai choisi de faire intervenir les enfants des écoles afin de les associer à la construction de leur propre ville. Ce projet est comme un monument, et leur participation incitera les enfants à le respecter. J’aime beaucoup faire participer les enfants (les miens ou d’autres) à mes projets, c’est une manière de fabriquer ensemble de la mémoire collective. Ces enfants de Lyon, ce sont eux qui dirigeront plus tard la ville, qui participeront à la vie de la cité. Ce projet créera une histoire, un socle commun. Cette valeur sociologique constitue une grande richesse pour mon travail.
Concernant les signes présents dans les marelles, je souhaitais initialement travailler sur les armoiries (du territoire, mais aussi de la francophonie, car je suis un artiste francophone). Dans les armoiries ou dans les blasons, on trouve beaucoup d’animaux et d’éléments naturels. C’est une manière pour moi de ramener la nature en ville, en cohérence avec un projet global qui tend vers ce but.

 

Les oeuvres

Le jeu de la vie, Meschac Gaba

Une expérience physique et intellectuelle du jeu dans le jeu, inédite dans sa forme et sa relation au site et aux aménagements Universel, le jeu de marelles se décline selon différentes formes : rectangulaire, carrée, circulaire, triangulaire ou en spirale. L’artiste béninois Meschac Gaba s’approprie ce dispositif populaire et  installe un parcours d’une dizaine de marelles en différents points du bas-port Gillet, du quai haut au quai bas, qu’il appelle Le jeu de la vie. Dans chaque case, l’artiste fait figurer un symbole, généralement lié à la faune ou à la flore, et issu d’armoiries du Grand Lyon ou de différents pays francophones. Il s’agit ainsi pour lui de ramener la nature en ville, en cohérence avec le projet global des Rives de Saône. Détournement, dialogue des cultures, l’artiste Meschac Gaba s’approprie les pratiques de loisir et de plein air sollicitant la participation active des habitants. Associés au processus artistique, des enfants des écoles de la ville ont été  invités à redessiner les animaux des blasons, et à inventer de nouvelles règles de jeu. « Dans les armoiries ou les blasons des marelles on trouve beaucoup d’animaux et d’éléments naturels. C’est une manière pour moi de ramener la nature en ville, en cohérence avec un projet global qui tend vers ce but. »

En vidéo : la préparation des mosaïques pour « Le jeu de vie » de Meschac Gaba

Retrouvez toutes nos vidéos sur le projet des Rives de Saône dans la vidéothèque.

Quelques oeuvres de l'artiste

[imagebrowser id=16]


CONCEPTEURS

Voir tous les concepteurs