Pablo Reinoso

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Biographie

Sculpteur travaillant aussi bien le bois, le marbre, le bronze ou l’acier, Pablo Reinoso se lance en 1995 dans des installations de structures souples comme animées du souffle d’une respiration. Ce premier pas le mène à des dispositifs complexes interrogeant aujourd’hui la perception et le regard en référence au discours psychanalytique. Également designer à partir des années 1990, Pablo Reinoso a développé tout un travail artistique directement inspiré de la célèbre chaise Thonet. Pablo Reinoso est né en 1955 à Buenos Aires (Argentine). Il vit et travaille à Paris depuis 1979.
http://pabloreinoso.com

 

Interview de Pablo Reinoso

1. Comment définissez-vous votre pratique artistique, qui se déploie entre art et design, entre sculpture et mobilier ?
Je travaille sur et à partir de la connaissance des frontières entre les deux disciplines. Je profite alors de cette connaissance pour pousser les limites. Les mots « création », « fonction », « lieu », « jeu », « intégration », entre autres, sont constamment associés. Aujourd’hui, dans un monde d’experts, de fragmentation du savoir, ma démarche semble à contre-courant. Je pense pourtant être sur la bonne voie, je ressens une passion profonde à chaque fois que j’emprunte un chemin différent, souvent inconnu pour moi, afin d’accomplir mes créations.
2. Les bancs que vous prévoyez de déployer sous les escaliers du bas-port Gillet obéissent-ils à une logique végétale, où les lianes envahiraient le sol, les murs, afin de se frayer un chemin malgré l’aridité de l’univers urbain ? Ces œuvres constituent-elles aussi une référence à l’histoire sociale du lieu : les cordages pour amarrer et haler les bateaux, les fils de soie des canuts lyonnais ?
Oui, le fil conducteur est précisément ce que j’appelle une logique végétale, de croissance ; elle est récurrente dans mon travail. Le fondement de mon intervention est donc le concept de déploiement, que j’utilise de plus en plus. Quand je dois réaliser une nouvelle œuvre, quand je dois m’engager dans un nouveau lieu, j’essaye de me glisser dans la peau d’une plante et d’imaginer quelle colonisation pérenne de l’espace je pourrais développer. La nature est le fondement même de la vie, et il est important pour moi de développer ce type de démarche. Évidemment, cela varie selon les sites. Par exemple, pour les Rives de Saône, si j’avais du intervenir dans un lieu plus naturel, je n’aurais pas obligatoirement développé la même vision, j’aurais initié un rapport plus minéral, plus solide au paysage. En effet, mon objectif n’est pas la redondance, ni de me substituer à une végétation existante, mais bien d’amener la notion de végétation dans un site qui en est dépourvu. Pour le bas-port Gillet, ce concept de déploiement faisait d’autant plus sens qu’il existait cette double histoire sociale du site : lieu d’amarrage des bateaux et lieu de travail pour les tisserands lyonnais. À chaque fois que j’ai la possibilité de m’appuyer sur un motif qui entre en résonance avec un lieu et son histoire, je m’y engouffre. C’est précisément cette histoire qui m’a donné envie d’étendre mes œuvres le long du mur avec une telle ampleur – elles n’auraient certainement pas été aussi imposantes s’il n’y avait eu cette métaphore du fil de soie à filer. L’image de l’œuvre s’est vraiment imposée à moi quand je visitais le site. Plus tard, dans mon atelier, j’ai tenté d’explorer d’autres pistes, mais en vain. Comme souvent, la première vision était la bonne.
3. Comment définiriez-vous votre collaboration avec l’agence Ilex sur ce projet ?
Simple et respectueuse. Leur approche du lieu, la notion de trame qu’ils mettent en jeu dans l’articulation entre le végétal et l’architecture m’ont permis de structurer ma démarche.

 

Les oeuvres

Nouages, Pablo Reinoso

Une surprise visuelle à l’approche de ces tiges mi-artificielles mi-naturelles ; une expérience du corps, livré à une assise originale et insolite, comme lové dans un nid de lianes souples. Sortant des niches situées sous les doubles escaliers menant aux rives sur le bas-port Gillet, des tiges métalliques souples surgissent et se développent sur une centaine de mètres, courant le long des murs, escaladant les parois. L’œuvre  « Nouages » de l’artiste argentin Pablo Reinoso évoque le végétal et son principe de croissance inéluctable, mais aussi les cordages de bateaux venant s’amarrer le long de la Saône, ou encore l’utilisation autrefois des quais par les tisserands lyonnais pour teindre, tordre et faire sécher les tissus. Ornement inattendu, l’œuvre de Pablo Reinoso, d’allure organique, s’articule parfaitement avec la double trame végétale et minérale de l’aménagement du site. Elles offrent une fonction d’assise tout en contribuant à réindroduire le concept de végétation dans un site jusqu’alors très minéral. Ces volutes d’inspiration végétale, dont les circonvolutions ne sont pas sans rappeler l’Art nouveau d’Hector Guimard, évoquent les fils de soie artificielle des usines Gillet et la végétation qui serpente le long du mur. « A chaque fois que j’ai la possibilité de m’appuyer sur un motif qui entre en résonance avec un lieu et son histoire, je m’y engouffre. C’est précisément cette histoire qui m’a donné envie d’étendre mes œuvres le long du mur avec une telle  ampleur. »

En vidéo
Préparation de l’oeuvre de Pablo Reinoso Nouages à la fonderie Coubertin

Préparation de l'installation de l'oeuvre Nouages de Pablo Reinoso

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Quelques oeuvres de l'artiste

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