Au fil de l’eau, Pascale Marthine-Tayou

Une invitation au voyage et au dépaysement, empreinte d’une connotation magique, dans environnement naturel préservé et sublimé.

 L’artiste camerounais Pascale Marthine-Tayou investit la surface du mur qui, côté quai, court le long du Chemin Nature telle une barrière infranchissable. En y greffant différentes matières et couleurs, il transforme cette surface neutre, uniforme en un espace de narration que les différents usagers (promeneurs, joggeurs, flâneurs ou navigateurs) pourront s’approprier à leur guise. Sur ce mur imposant, une série de masques africains incrustés dans la paroi, faisant parfois office de gargouilles. L’œuvre Au fil de l’eau évoque une tradition inspirée d’Afrique centrale : des masques-passeports, chatoyants visages stylisés en céramique qui, avant l’arrivée des Européens, jouaient le rôle de papiers d’identité. Le plus grand d’environ deux mètres de haut est visible depuis le quai de l’Industrie, en face. Intimiste, discrète, l’intervention se fait plus majestueuse et monumentale là où le site, souvent étroit, s’élargit et le permet. L’œuvre est également visible depuis l’autre rive, donnant l’impression d’un rideau de matière habillant le mur de quai.

« Le parcours du Chemin nature traverse plusieurs cités, plusieurs frontières ; on va vers d’autres ailleurs, en rapportant avec soi ce qu’on a pris ici. Alors je souhaite retraduire ces passeports et les placer dans le mur, comme une espèce de trésor. Même si nous sommes sur le continent européen, en l’occurrence à Lyon, c’est aussi dire : « Nous ne sommes pas très loin du Cameroun.» La vie ce n’est que ça, des rencontres, des identités, des rencontres d’émotions et de sentiments… »