Nouages, Pablo Reinoso

Une surprise visuelle à l’approche de ces tiges mi-artificielles mi-naturelles ; une expérience du corps, livré à une assise originale et insolite, comme lové dans un nid de lianes souples.

Sortant des niches situées sous les doubles escaliers menant aux rives sur le bas-port Gillet, des tiges métalliques souples surgissent et se développent sur une centaine de mètres, courant le long des murs, escaladant les parois. L’œuvre  « Nouages » de l’artiste argentin Pablo Reinoso évoque le végétal et son principe de croissance inéluctable, mais aussi les cordages de bateaux venant s’amarrer le long de la Saône, ou encore l’utilisation autrefois des quais par les tisserands lyonnais pour teindre, tordre et faire sécher les tissus. Ornement inattendu, l’œuvre de Pablo Reinoso, d’allure organique, s’articule parfaitement avec la double trame végétale et minérale de l’aménagement du site. Elles offrent une fonction d’assise tout en contribuant à réindroduire le concept de végétation dans un site jusqu’alors très minéral.

Ces volutes d’inspiration végétale, dont les circonvolutions ne sont pas sans rappeler l’Art nouveau d’Hector Guimard, évoquent les fils de soie artificielle des usines Gillet et la végétation qui serpente le long du mur.

« A chaque fois que j’ai la possibilité de m’appuyer sur un motif qui entre en résonance avec un lieu et son histoire, je m’y engouffre. C’est précisément cette histoire qui m’a donné envie d’étendre mes œuvres le long du mur avec une telle  ampleur. »